De la renaissance à nos jours, œuvres pour deux, trois, quatre, cinq et six chœurs
Chœur de chambre les éléments
Direction Joël Suhubiette
Jeudi 24 mai 2012 à 20h – Collège des Bernardins à Paris (75)
Vendredi 8 juin 2012 à 20h30 – Cathédrale de Pamiers (09)
Renseignements et réservations : Festival Gabriel Fauré – office de Tourisme de Pamiers 05 61 67 52 52
Samedi 9 juin 2012 à 21h – Cathédrale Sainte Marie à Auch (32)
Renseignements et réservations : Festival Eclats de voix 05 62 05 20 82, www.eclatsdevoix.com
Vendredi 29 juin 2012 à 20h30 – Cloître de Moissac (82)
Renseignements et réservations : Pôle Culturel et Patrimonial de Moissac 05 63 05 08 08, www.moissac-culture.fr
Coproduction : Odyssud Blagnac
Ce spectacle a été répété lors d’une double résidence à l’Abbaye-école de Sorèze en septembre 2010 et mai 2011.
Programme :
Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594) : Stabat Mater à deux chœurs
Tomas Luis de Victoria (1548-1611) : Magnificat Sexti Toni à trois chœurs
Josquin Després (1450-1521) : Qui Habitat à six chœurs
Alexandros Markéas (né en 1965) : Medea Cinderella création à quatre chœurs
Caroline Marçot (1974) : Nun, commande du chœur de chambre pour cinq chœurs
Felix Mendelssohn (1809-1847) : Ehre sei Gott in der Höhe à deux chœurs
Frank Martin (1890-1974) : Messe pour double chœur

L’apogée de l’écriture polychorale est sans nul doute le XVIème siècle. De l’Italie de Gabrieli et de Palestrina dont on découvre ici le Stabat Mater à deux chœurs, à l’Espagne de Morales et de Victoria, grand maître de la polychoralité, comme en témoigne le Magnificat à trois chœurs, des Flandres à l’Allemagne, les compositeurs excellent dans un genre déjà prisé par leurs ainés. Le motet anglais Spem in allium à 40 voix de Tallis en est un des grands chefs d’œuvres, mais également le Qui habitat de Josquin Desprez, quadruple canon à 24 voix présent dans ce programme. Les allemands Schutz, Schein, Bach continueront la tradition, suivi par Brahms et Mendelssohn dont le Motet Ehre Sei Gott est un hommage certain aux anciens.
Fidèle à son souhait de mélanger répertoire et créations, le chœur de chambre les éléments à commandé en 2010 une pièce à quatre chœurs de six voix à Alexandros Markéas.
Divisés, en deux, trois, quatre, cinq et six chœurs, frontaux ou spatialisés, les 24 chanteurs des éléments, retrouveront une forme de programme qui leur est cher, où la richesse et la diversité des répertoires leur permettent de jouer sur un grand nombre de palettes sonores.
Quelques mots des compositeur sur l’œuvre en création mondiale :
MEDEA CINDERELLA
pour chœur divisé en quatre groupes d’Alexandros Markeas.
textes d'Euripide et d'Alexandros Markeas
Medea Cinderella est inspirée des écrits de Lili Zografou, romancière et essayiste grecque, qui voit dans les figures mythiques de Médée et de Cendrillon, les extrêmes d'un parcours menant au patriarcat et à la contrainte affective féminine.
La pièce est conçue comme une tragédie en miniature. Elle est construite sur la dualité des deux mythes en alternant extraits de la tragédie originale et odes chorales qui commentent le texte d'Euripide d'un point de vue actuel. Cette opposition est accentuée par un dispositif qui confie aux voix masculines et féminines des rôles différents : les hommes chantent les thrènes et les lamentations, les femmes expriment la révolte ou la résignation.
L'écriture vocale s'inspire des voix des tragédiennes, voix qui doivent "porter", couvrir la distance avec le spectateur tout en gardant une charge émotionnelle forte.
Alexandros Markeas, septembre 2010
Biographie d’Alexandros Markéas
Né en 1965 à Athènes, Alexandros Markeas étudie le piano et l’écriture musicale au Conservatoire National de Grèce. Il continue ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il se spécialise dans la musique improvisée et la composition.
Le travail d’Alexandros Markeas est marqué par sa volonté d'interroger les mécanismes de la perception musicale. Les musiques traditionnelles méditerranéennes sont pour lui une source d'inspiration essentielle. Il s’inspire également de différents domaines d'expression artistique, tels que l'architecture, le théâtre, et les arts plastiques (installations, événements, vidéo, web) pour chercher des alternatives au concert traditionnel et créer des situations d’écoute musicale particulières. Ses pièces sont marquées par un esprit théâtral et par l'utilisation des techniques multimédia.
NUN
Pour chœur divisé en cinq groupes de Caroline Marçot
Quel laps d’éternité contient un instant, nun ? Loin, là-bas ? Maintenant comme alors, cette quatorzième lettre, hébraïque autant qu’arabe, révèle une symétrie aux vertus oraculaires. Cette consonne, nue, désigne aussi bien le poisson fécond que le serpent dangereux, le nez - guide de la tête - ou toute femme dont la vie est vouée.
Cinq ensembles répondent à cette lettre multiple dans son ipséité, en cinq langues. La pascale question de l’essence de la vie face à l’âge mûr et à la mort se trouve posée dans une disposition génératrice d’une énergie dans laquelle le chœur témoigne de son antique fonction mémorielle.
Le chant - plain, choral, offert, lu et répondu - sinue entre ombre et feux.
Biographie de Caroline Marçot
Née à Paris en 1974.
Pianiste de formation, Caroline Marçot se passionne pour le phénomène sonore dans ses trois dimensions : élaboration, interprétation et perception. Elle acquiert une solide expérience de la musique vocale à la Maîtrise de Radio-France puis au Jeune Choeur, et obtient dans le même temps au Conservatoire de Paris les prix d’analyse, de contrepoint renaissance, d’écriture XXème siècle, d’orchestration et d’acoustique.
Lauréate 2003 de la Fondation Natexis, son catalogue en cours d’impression aux éditions Jobert-Lemoine comprend des œuvres vocales et instrumentales commandées par l’Ariam Ile de France, l’ADDIM Haute-Saône, l’Orchestre des Jeunes de la Méditerrannée, la Cité de la Musique, Musique Nouvelle en Liberté et interprétées notamment par Geofffroy Jourdain, Rachid Safir, Laurence Equilbey, Roland Hayrabedian, Gildas Pungier, Lionel Sow, Daniel Reuss, l’ensemble Clément Janequin…
Son activité de chanteuse l’inscrit régulièrement dans la saison de plusieurs chœurs de chambre aux répertoires éclectiques : baroque, romantique et création. Dans l’ensemble de solistes Mora Vocis elle défend le patrimoine sonore médiéval, lyrique, et de transmission orale, tandis qu’au sein de l’ensemble l’Échelle, elle fait rayonner le caractère humaniste de la musique vocale de la renaissance. Son intérêt pour la voix en scène lui fait prendre aujourd’hui résolument le chemin du spectacle musical et acrobatique avec la compagnie Marseillaise de cirque contemporain Cahin-Caha.
Le XXème siècle verra en la Messe de Frank Martin, un des derniers chefs d’œuvres de l’écriture polychorale. Franck Martin, dans la plus grande tradition, écrira une œuvre puissante, hautement expressive qui deviendra une des œuvres sacrées majeures du siècle.
Cette partition sensible et complexe, d’une grande beauté esthétique, utilise les modulations harmoniques avec une subtilité prodigieuse. Le langage élaboré place toujours la sensibilité au premier plan, jusqu’au très émouvant Dona nobis pacem. Du grand art que le choeur de chambre les éléments fait sien, grâce à la direction à la fois précise et souple de Joël Suhubiette.
Serge Chauzy, Classic Toulouse
http://www.classictoulouse.com/festivals-tlo-2010-polychoralite-les-elements2.html

