Opéra de Pierre Jodlowski (né en 1971)
Voix et électronique
Scénographie et lumières Christophe Bergon
Réalisation informatique musicale, montage et mixage son : Studio éOle, François Donato
Choeur de chambre les éléments
Direction Joël Suhubiette
Création mondiale, commande du Théâtre du Capitole
Samedi 5 février 2011 à 20h00
Dimanche 6 février 2011 à 15h00
Spectacle présenté dans le cadre du cycle Présences vocales par le collectif éOle, Odyssud, le Théâtre du Capitole et le Théâtre Garonne
Dans L’Aire du dire, le compositeur Pierre Jodlowski revendique une parenté avec l’expérience magistrale de Radio music de John Cage qui, plaçant des récepteurs de radio sur scène, confiait aux aléas de la bande FM la nouvelle production d’une langue musicale et dramatique. Théâtre des mots, ce spectacle sur l’Histoire, les histoires, les destinations multiples du « dire » se présente comme une grande conversation entre chanteurs sur scène, voix enregistrées et images d’archives.
La matière sonore est partiellement issue d’ateliers de création autour de la voix et de la phonographie menés durant toute la saison 2009/2010 avec la classe de CM1 de M. Patrice Soulié, École primaire Michoun de Toulouse.
Avec la participation de l’INA.
www.theatre-du-capitole.fr
Rencontre avec Pierre Jodlowski,
septembre 2010
Cher Pierre, pourquoi avoir choisi les éléments pour cette création d’opéra ?
En réalité, nous nous connaissons bien avec Joël Suhubiette car nos structures respectives sont en résidence à Odyssud Blagnac depuis plusieurs années ce qui nous a permis de travailler ensemble à plusieurs reprises. À ces occasions, j'ai pu apprécier la polyvalence du chœur, la diversité de son répertoire et la formidable énergie de son chef. Nous avons commencé à évoquer l'idée de travailler ensemble il y a à peu près deux ans, et je suis très heureux que cette production pour le Théâtre du Capitole de Toulouse se concrétise.
Comment abordes-tu le travail avec les chanteurs ?
J'ai beaucoup travaillé sur la matière vocale, depuis des années, mais principalement sur les voix parlées (notamment pour mon opéra Radiophonique autour de Perec commandé par Radio France l'année dernière). L'occasion de pouvoir émanciper le domaine de la parole à celui du chant constitue un champ d'investigation qui m'intéresse beaucoup. J'ai décidé, compte tenu de la durée du projet, de m'intéresser aux différentes typologies de la parole (le discours, la lecture, le conte, le chant, la prière…) et finalement, de mettre en scène une sorte de navigation dans des espaces qui oscillent entre le texte parlé et la musique, l'un engendrant l'autre. Par ailleurs, mon approche de la musique électronique me permet d'amplifier considérablement les espaces sonores qui seront très variés, très évocateurs. Nous avons décidé de travailler en amont pour des séances d'improvisation avec le chœur qui m'ont permis d'enregistrer des matériaux, de simuler des parties, de constituer une vaste bibliothèque que je peux agencer en studio, puis reporter sur la partition. La mise en scène, signée par Christophe Bergon, est également l'un des points essentiels du projet dans la mesure où nous accordons à l'espace scénique et aux mouvements qui s'y opèrent, une valeur symbolique tout aussi importante que la musique elle-même.
Comment traites tu la matière vocale et la matière sonore ?
C'est surtout l'idée du croisement qui m'intéresse ; le fait que les voix du plateau puissent se démultiplier à l'infini dans les bandes-sons par exemple, me donne une liberté de pensée et me permet de structurer les espaces autour de la notion de matière qui entre en dialectique avec les paramètres musicaux classiques que sont le rythme et l'harmonie. Les textes qui jalonnent le projet sont des points de départ "émotionnels" qui façonnent les couleurs sonores, leur densité, leur caractère. Comme souvent dans mon travail, le projet possède un caractère assez engagé, du moins réflexif, et le traitement vocal, en ayant recours à l'amplification par exemple, permet de donner une force d'engagement de la parole qui me tient très à cœur. Je cherche à produire chez l'auditeur une double sensation : celle d'une confrontation à un espace sémantique qui génère une dynamique de la pensée et celle des flux et de formes "physiques" qui transitent par le son, sa puissance, sa texture, son épaisseur.
Biographie

Pierre JODLOWSKI
né en 1971 à Toulouse.
Après des études musicales au Conservatoire de Lyon et au Cursus de Composition à l'IRCAM, Pierre Jodlowski fonde le collecif éOle et le festival Novelum à Toulouse. Son activité de compositeur le conduit à se produire en France et à l'étranger dans la plupart des lieux dédiés à la musique contemporaine mais aussi dans des circuits parallèles, danse, théâtre, arts plastiques, musiques électroniques. Son travail se déploie aujourd'hui dans de nombreux domaines, et, en périphérie de son univers musical, il travaille l'image, la programmation interactive, la mise en scène et cherche avant tout à questionner les rapports dynamiques des espaces scéniques. Il revendique aujourd'hui la pratique d’une musique “active” : dans sa dimension physique [gestes, énergies, espaces] comme psychologique [évocation, mémoire, dimension cinématographique]. En parallèle à son travail de composition, il se produit également pour des performances, en solo ou en formation avec d’autres artistes.
Il a reçu des commandes de l’IRCAM, de L’Ensemble Intercontemporain, du Ministère de la Culture, du CIRM, du GRM, du festival de Donaueschingen, de Radio France, du Concours de Piano d'Orléans, du GMEM, du GRAME, de la fondation SIEMENS, du projet européen INTEGRA... Lauréat de plusieurs concours internationaux, il a obtenu le Prix Claude Arrieu de la SACEM en 2002 et a été accueilli en résidence à l'Académie des Arts de Berlin en 2003 et 2004. Ses œuvres et performances sont diffusées dans les principaux lieux dédiés aux arts sonores contemporains en France, en Europe au Canada, en Chine au Japon et à Taïwan ainsi qu’aux Etats-Unis.
www.pierrejodlowski.fr
Note d'intention
Où en est la parole aujourd'hui ? Fonctionnelle, communicationnelle, religieuse, politique, prophétique, engagée, vaine ou décisive : dans toutes ses modalités, elle est entrée dans l'aire du paradoxe. Les lieux de la parole sont en effet démultipliés, proliférant autant qu’éphémères. Tout peut se dire ou presque et surtout chacun peut le dire quitte à glisser lentement vers un assemblage permanant et finalement assez monstrueux de discours fragmentaires et qui se contaminent entre eux.
Prendre parole se définit comme un exercice narcissique où le sens passe au second plan, l’image au premier.
« L’Aire du dire », sorte d’oratorio aux multiples voix, repose à contrario sur un éloge de la parole ; celle qui nous structure, celle qui borne le champ conscient de la mémoire, celle qui tisse notre réseau émotionnel, nous permet d’accepter la fiction du monde. Le projet se construit autour des modes de la parole : le conte, le discours, la déclaration, la fiction… et jusqu’aux structures atomiques qui la composent : les mots, les sons des mots, leur souffle et leur musique. Les textes du projet puisent ainsi dans la littérature, les grands discours de l'Histoire, les contes et autres fables classiques, bref, dans un corpus multiple, éclaté et témoin de la richesse et la diversité de la langue.
Dans cette zone de convergence possible, trois entités nous parlent : un groupe de chanteurs au plateau, un ensemble de voix et de sons enregistrés et venant occuper l’espace de diffusion du son, des séquences vidéo où les chanteurs filmés portent la parole de Christophe Tarkos, espace poétique à part entière venant jalonner régulièrement le déroulement de l’œuvre. La situation globale est donc basée sur une grande conversation, un théâtre des mots qui compose l'éclosion de la matière sensible. Un peu comme l’expérience magistrale des « Radio music » de John Cage, qui confie au hasard de la bande FM, la production d’une nouvelle langue musico-théâtrale. Chez Cage, l’improbabilité sémantique de 12 postes radios asynchrones constitue la métaphore de notre esprit, territoire complexe et polyphonique, capable de sentir au-delà du sens, finalement la musique. Car les grands orateurs, bonnes ou mauvaises personnes, ont cette chose mystérieuse dans leur voix, ce que l’on appelle la musique.
C’est peut-être Roland Barthes dans « l’obvie et l’obtus » qui a su le mieux décrire cette question du grain de la voix ; cette jonction entre le chant et l’oralité, entre la texture initiale d’un timbre vocal et sa capacité physique à faire naître un espace fondamentalement musical. Avec pour exemple ces majestueuses séquences du film de Jim Jarmush « Dead Man » où la poésie de William Blake, simplement « dite », côtoie si justement le terreau électrique et souple de la guitare de Neil Young.
L'écriture de l'œuvre repose enfin sur une très étroite collaboration avec le chœur de chambre les éléments qui s'est prêté au jeu de l'expérimentation et de l'improvisation pour construire avec le compositeur l'espace sonore, les relations scéniques et la matière théâtrale du projet.
Pierre Jodlowski, septembre 2010
Quelques extraits de textes du spectacle :
CHRISTOPHE TARKOS
ANACHRONISME – P.1
« Un parc, un hiver, un seul hiver, une masse de brouillard, un seul ciel bas, nous allons passer un seul hiver, un hiver long, une seule masse d’un seul hiver, du brouillard et un ciel bas, des nuages, une durée, la durée d’un seul hiver, du brouillard et un ciel bas, des nuages, une durée, la durée d’un seul hiver, une masse d’un hiver, une masse grise de nuages bas, de brouillard, de froid qui dure, qui continue, qui ne s’arrête pas, qui forme une masse lourde, une seule masse d’un seul hiver qui ne finit pas, cela ne dure qu’un hiver, mais l’hiver dure, il pleut, la possibilité de se modifier, de faire en sorte que les mécanismes de conscience ne soient modifiées, qu’il y ait eu une modification de soi, il y a le parc, il y a les vitres et des ondes, les ondes passent à travers les vitres et le parc, un parc où l’on rencontre quelqu’un peut-être, si cela se trouve, cela peut se passer dans le parc ou, si l’on arrive à sortir du parc, alors dehors, en dehors du parc cela peut se produire, sans parler des rues, des boulevards, des parcs, des ruelles d’une saison qui ne finit pas, d’une route, au bord de l’océan sans routes, sans boulevards, sans parc, à travers la pluie. Un parc, un hiver. Un parc nu, les arbres des feuillages n’ont pas de feuilles, sont noires et filandreux, sont des broussailles noires inextricables enchevêtrées au-dessus du ciel uniformément gris-blanc, le parc est vide, le ciel et le sol sont sables, uniformément, les enfants ne jouent plus, il n’y a aucun passant dans les allées, le parc ne laisse pas de trace, les broussailles noires grisaillent les allées. Un parc, un hiver.
PIERRE JODLOWSKI
(DODEC-) HAI-KU
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« Il…n’y…a…pas…de…neige…sans…qu’il…n’y…ait…de…traces »
« traces …………… traces …………… traces …………… traces …………… »
« traces … de doigts… traces … de pieds… traces … de mains… traces … de nez »
« traces … de doigts… traces … de pieds… traces … de mains… traces … de nez »
« traces … de doigts… traces … de pieds… traces … de mains… traces … de nez »
« traces … de doigts… traces … de pieds… traces … de mains… traces … de nez »
« nez………………………………………………………………………………………… »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui… dit … que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui… dit … que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que »
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« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que »
« Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que,
Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que,
Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que,
Je…n’ai…pas…peur…de…lai…sser…une…trace…qui…dit…que……
PIERRE JODLOWSKI
JE DECLARE
« JE DECLARE QUE JE DIS QUE JE RACONTE QUE JE PRETENDS QUE J’AFFIRME QUE JE CONFIRME QUE JE PROUVE QUE J’EXPRIME QUE JE DEFENDS QUE JE STIPULE QUE J’ANNONCE QUE J’ENUMERE QUE J’ETABLIS QUE J’OFFICIALISE QUE J’OBTEMPERE QUE J’AJOUTE QUE JE RAJOUTE QUE J’ACQUIESCE QUE JE DEFINIS QUE JE PRONONCE QUE JE PROMULGUE QUE JE FORMULE QUE JE FORMALISE QUE JE CONCEPTUALISE QUE JE DEPLORE QUE J’ACCEPTE QUE JE PRIE POUR QUE J’ENTENDE QUE J’EXPLIQUE QUE JE DECRIS QUE JE VITUPERE QUE JE BAFOUILLE QUE JE CONFONDS QUE JE CRITIQUE QUE J’IMPLORE QUE J’IMPROVISE QUE JE FABULE QUE JE FICTIONNLISE QUE JE MENS QUE JE JUBILE QUE JE PARLE QUE JE REPONDS QUE JE PROFERE QUE JE PROPHETISE QUE J’ELUCUBRE QUE J’ENONCE QUE JE VILIPENDE QUE J’ACCUSE QUE J’ABOLIS QUE JE RETABLIS QUE J’OVATIONNE QUE JE CRIE QUE JE VOCIFERE QUE JE CHANTE. »
CHRISTOPHE TARKOS
ANACHRONISMES – P.107
« Carton, bobine, sangle, couverture, chariot, caisse, housse, ficelle, scotch, pochette ; /// souda, savon, sable ; /// serrures, volets, échelles, pots, paniers ; café, cigarettes, toasts ; /// sabots, cornes, cheveux, poils, laine, ongles, plumes ; /// verre bombé, glace gravée, produits verriers, entrée d’immeuble, façades de magasins, cloisons coupe-feu ; /// ivoire, os, corne, ambre, coquillage ; /// daim, cuir, fourrure ; /// palmier jeune, palmier desséché, palmier éclaté, palmier fendu ; /// grain, graine, pépin, noyau, galle, pigne, noix, pignon, amande, fève, marron, gland, noisette ; /// boucles d’oreille, pinces, peignes, élastiques des cheveux, colliers, chaines ; /// deux paires de cornes de béliers, une peau de mouton, une peau de lapin ; /// paquet de cigarettes, tasse, sous-tasse, petite cuillère, briquet, cendrier, ticket, carnet, main sur le stylo penché sur le carnet, main tenant le bouchon du stylo appuyant le bas du carnet ; /// plume d’aigle, plume d’ara, plume de héron, plume de fauvette, fourrure de renard, fourrure d’hermine blanche, fourrure de phoque, peau de souris, peau d’écureuil, /// hélices, arc, loto, bal, jeu, morceaux de plastique, /// machine, machinerie, machination, programme, programmation, mécanisme, complot, mécaniques, engrenages, rouages, cliquetis, superpositions, /// complexité machinique, bloc machine, bureaux vitrés ; /// grillages, portails, clôtures, échafaudages ; /// cailles, pigeons, colombes, perruches, dindons, poules, tourterelles, /// chaudière, brûleurs, radiations, radiateurs, stocks, réservoirs, réserves, chauffages, chauffagistes, chaleurs, émanations, couloirs, plafonds, volumes, transports, murs, /// cor, basson, clarinette, son nasal, trompettes, plaque de tôles, oscillations, scie musicale, cordes aigües, guitares électriques, cor anglais, basson, cors, trombones, /// oscillations microtonales, vibraphone, clavecin, cymbale, tubas contrebasse, tumba, archets, violons métalliques, /// prunier, canche, morelle, datura, molène, muflier, linaire, gratiole, limoselle, orobanche, calament, bugle, aune, trisète, molinérie, lagure, lamier, /// épiaire, bétoine, crapaudine, mélitte, marrube, gattelier, plantain, arroche, obione, salicorne, /// asaret, camarine, butome, pâturin, fétuque, brome, gaudinie, prèle, sélaginelle, nard, pirole, grassette, hottonie, /// châtaignes, noix, kiwis, mangues, pamplemousses, ananas, oranges, citrons, poireaux, carottes, navets, aubergines, poivrons, courgettes, clémentines, /// Kabuki, kacha, kaïnite, kakémono, kaki, kala-azar, kaléidoscope, kali, kaliémie, kamala, kami, kamichi, /// kandjar, kaoliang, kapok, kappa, karakul, karbau, karité, karma, kart, kava, kayak, keffieh, kentia, képhir, képi, kérat, kermesse, kérosène, kerrie, ketch… »
ANNALES MÉDICO-PSYCHOLOGIQUES
JOURNAL DE L’ANATOMIE, DE LA PHYSIOLOGIE ET DE LA PATHOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX
1846
« Le 26 juillet dernier, un jeune homme, à peine âgé de vingt-cinq ans, ne pouvant obtenir la main d'une jeune fille dont j’étais éperdument amoureux, je me suis suicidé en avalant de l'acide arsénieux. Parti le matin de Paris, je m’étais rendu à Montmorency pour voir l'endroit où Rousseau a écrit sa Nouvelle Héloïse. C'est assis sur la pierre quadrangulaire où fut composé cet immortel roman, et après avoir écrit au crayon une lettre comme dernier adieu à la vie et à celle que j’aimais, que je me suis volontairement donné la mort. »

