Méditerranée Sacrée

Polyphonies anciennes et modernes du bassin méditerranéen
Œuvres en hébreu, araméen, latin, arabe et grec ancien, dont deux créations mondiales d’Alexandros Markéas et de Zad Moultaka

Chœur de chambre les éléments, 18 chanteurs a cappella
Direction Joël Suhubiette

Samedi 12 juin 2010 à 20h45
Eglise Saint Volusien de Foix

Dimanche 13 juin 2010 à 18h
Cathédrale d’Auch

Jeudi 15 juillet 2010 à 20h30
Festival de Lessay

Dimanche 18 juillet 2010 à 17h
Abbaye de Sylvanès

Jeudi 23 septembre 2010 à 20h
Arsenal de Metz

Vendredi 1er octobre 2010 à 21h
Abbaye, Festival d’Ambronay

Samedi 4 décembre 2010
Atlanta, Etats-Unis

Vendredi 22 avril 2011
Festival de Perpignan, Église notre dame de la Réal

 

Par-delà les cultures et les religions, ce programme propose un voyage sur les rives du Bassin Méditerranéen, nous donnant ainsi l’occasion d’entendre quatre de ses langues anciennes. Il parcourt plusieurs siècles de musique, du Livre Vermeil de Montserrat (extrait) aux Tre Cori Sacri de Petrassi (1904 – 2003), des Répons des Ténèbres de Gesualdo aux créations de Zad Moultaka et Alexandros Markéas, sans oublier le sublime Crucifixus de Lotti.

Programme :
Salomone Rossi (1570-1630) Barekhu Kaddish (Chanté en hébreu et en araméen)
Antonio Lotti (1665-1740) Crucifixus à 8 voix (Chanté en latin)
Goffredo Petrassi (1904-2003) Extraits des Tre Cori Sacri (1980-83) Et Incarnatus Crucifixus (Chanté en latin)
Alexandros Markeas (1965) Trois fragments des bacchantes (2009) (Chanté en grec ancien), sur des textes d’Euripide, commande du choeur de chambre les éléments.
Llibre vermell de Montserrat (XIV° siècle) O Virgo splendens hic in monte celso (Chanté en latin)
Tomas Luis de Victoria (1548-1611) O vos omnes (Chanté en latin)
Carlo Gesualdo (1560-1613) Répons des ténèbres du samedi saint (Jerusalem, surge ; O vos omnes ; Aestimatus sum) (Chanté en latin)
Zad Moultaka (1967) Lama sabaqtani (2009) (Chanté en araméen), inspiré par les Sept dernières paroles du Christ en croix, commande de Musique Nouvelle en Liberté

 

Deux extraits du programme en concert au festival de Saint-Denis

 

Présentation
Méditerranée
Polyphonies anciennes et modernes en hébreu, araméen, latin et grec ancien, incluant deux créations mondiales, d’Alexandros Markéas et de Zad Moultaka.
choeur de chambre les éléments, Joël Suhubiette
Par-delà les cultures et les religions, ce programme propose un voyage sur les rives du Bassin Méditerranéen, nous donnant ainsi l’occasion d’entendre quatre de ses langues ’hébreu, latin, araméen et grec ancien), et de parcourir plusieurs siècles de musique, du Livre Vermeil de Montserrat (extrait) aux Tre Cori Sacri de Petrassi (1904 – 2003), des Répons des Ténèbres de Gesualdo aux créations de Zad Moultaka et Alexandros Markéas, sans oublier le sublime Crucifixus de Lotti.
L'hébreu, sous toutes les latitudes, est la langue d'expression de la liturgie juive, dans laquelle est donc écrite le Barekhu ("Bénissez"), traditionnelle ouverture à la prière invitant à bénir Dieu. La langue hébraïque voit l'ancienneté de ses origines remonter au XIVème siècle avant J.-C. Son histoire s'étend donc à ce jour sur trente-cinq siècles, des pictogrammes pariétaux du Sinaï à la une du journal Haaretz. Le rituel synagogal abrite aussi une oraison - le Kaddish, prière des défunts - écrite dans une autre langue sémitique que l'hébreu, à savoir l'araméen, qui est celle aussi de quelques livres bibliques (Daniel, Esdras) et du Talmud, et dont la formation se situe aux XII-XIèmes siècles avant l'ère chrétienne, soit une chronologie à peine moins étendue. Si l'hébreu n'a jamais cessé d'être parlé au long des siècles, sa sphère géographique, jusqu'à sa reviviscence dans l'Etat d'Israël, a toujours été moindre que celle de l'araméen qui fut un long temps, dans l'Antiquité, la langue officielle de l'Empire perse, de l'Egypte à l'Afghanistan.
Langue vernaculaire de la Terre sainte, c'est en araméen que Jésus le juif prononça ses derniers mots sur la Croix (Eloï, eloï, lama sabaqtani, "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonné?", voir Psaume 22, v.1) et l'un de ses rameaux devint la langue liturgique de certains chrétiens orientaux, ceux en particulier de rite syriaque ou chaldéen.
Aujourd'hui l'hébreu est la langue d'environ sept à huit millions de locuteurs, quand l'araméen, en voie de disparition, n'est plus parlé au quotidien que dans quelques villages épars du Liban, de Syrie, d'Irak, d'Iran et de Turquie. Grec et latin sont des langues indo-européennes qui voient leur formation vers le début du 1er millénaire av. Jésus-Christ.
La langue du dramaturge Euripide est un grec littéraire poétique du siècle de Périclès (Vème s. avant), qui est assez éloigné des développements postérieurs du grec hellénistique, puis byzantin, d'où émergeront tant le grec de la liturgie orthodoxe que la langue moderne. Après avoir été la langue officielle de l'Empire d'Alexandre, de l'Egypte à l'Inde, puis celle de l'Empire d'Orient de Byzance, le grec moderne.est parlé aujourd'hui par environ 15 millions de locuteurs (Grèce, Chypre, Turquie, Albanie).
Le latin, langue d'Empire elle aussi, celui de Rome, est à l'origine de toutes les langues romanes, à commencer par l'italien. Il n'est plus parlé du tout, et voit son usage restreint à la liturgie catholique et aux documents pontificaux. Le latin liturgique puise souvent sa source dans les originaux hébraïques: Jerusalem surge, O vos omnes, Aestimatus sum sont des traductions respectives de Baruch, des Lamentations, et des Psaumes, tous livres bibliques vétérotestamentaires.
Isolé dans l'Antiquité sur une toute petite surface, devenu la langue liturgique des synagogues du monde entier, l'hébreu n'eut jamais de destin "impérial", à la différence de l'araméen, du grec et du latin. Autour de la Méditerranée contemporaine, le latin étant mort et l'araméen moribond, seuls le grec et l'hébreu sont restées des langues vraiment vivantes.
Michel Garel

 

Deux créations contemporaines
Lama sabaqtani, Zad Moultaka
(commande de Musique Nouvelle en Liberté)
Trois fragments des Bacchantes, Alexandros Markéas
(commande du choeur de chambre les éléments)

Lama sabaqtani, Zad Moultaka
(commande de Musique Nouvelle en Liberté)
La pièce reprend les sept paroles du Christ en croix. Elle est chantée en araméen, la langue-source. Le choeur est éparpillé dans l’espace et nous immerge dans le corps du Christ, comme si chaque parole localisait un point de sa douleur.
L’oeuvre tend vers le rassemblement des fragments du corps. Les nuances oscillent entre pianissimo et mezzo piano, douce présence, un chant d’une douleur intime. Elle prend fin dans un étirement entre l’extrême grave et l’extrême aigu, ison et sifflement, relation entre la terre et le ciel, écartement du corps et de l’esprit.
Texte (traduction) : Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23,34)
En vérité, je te dis : aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis. (Lc 23,43) Femme, voici ton fils. Fils, voici ta mère. (Jn 19, 26-27) Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? (Mt 27,46 ; Mc 15,34 ; Ps 22,1)
Jésus dit pour que l’Écriture s’accomplisse : J’ai soif (Jn 19,28) Tout est accompli (Jn 19,30) Père, entre Tes mains, je remets mon esprit (Lc 23,46)

Biographie
ZAD MOULTAKA
Zad Moultaka, compositeur, né au Liban en 1967, poursuit depuis plusieurs années une recherche personnelle sur le langage musical, intégrant les données fondamentales de l’écriture contemporaine occidentale – structures, tendances, familles et signes – aux caractères spécifiques de la musique arabe – monodie, hétérophonie, modalité, rythmes, vocalité… Cette recherche touche de nombreux domaines d’expérimentation… La lente maturation d’une forme d’expression très personnelle a fait naître, à partir de 2003, une série d’oeuvres dont la production s’est peu à peu amplifiée. De la musique chorale à la musique d’ensemble, de la musique de chambre à la musique vocale soliste, de l’électroacoustique aux installations sonores et à la chorégraphie… Il a une personnalité complexe qui le pousse à déchiffrer inlassablement les énigmes et les résistances qui surgissent en lui, questionnant l’histoire, la mémoire, le monde contemporain, à explorer les limites, les rêves, avec ce sentiment d’urgence propre aux créateurs. Zad Moultaka a entamé une collaboration musicale avec de nombreux artistes à travers le monde dont les ensembles Ars Nova, Sillages, Accroche note, Symblema, Musicatreize, le Netherland Radio Choir, l’ensemble Schönberg d’Amsterdam, le Nouvel Ensemble Moderne de Montréal, le choeur de chambre de Strasbourg, et le choeur de chambre Les éléments… Ce travail continue parallèlement à la dernière année de sa résidence à la Fondation Royaumont et à des projets de l’autre côté de l’Atlantique.

Trois fragments des Bacchantes, Alexandros Markéas
Du compositeur grec Alexandros Markéas (né en 1965), inspiré par les Bacchantes d’Euripide, en grec ancien (pièce pour 16 chanteurs a cappella).
(commande du choeur de chambre les éléments)
Les Bacchantes d'Euripide, est la tragédie la plus énigmatique de son auteur. Est-ce une pièce sur la démence et la sagesse, sur la force du sacré, sur le rejet de l'Autre ? En tant que musicien, j'accepte et je travaille toutes ces hypothèses simultanément. Ce qui m' attire dans cette oeuvre est avant tout cette poésie de l'extrême, la tentative d'explorer les limites de l'allégorie théâtrale à travers la folie, la folie comme expression du sacré et de l'humain. Comment chanter ce lien étrange entre le sacré et la folie, comment mettre en musique la perte de repères sensoriels à travers les hallucinations de Penthée, l'hystérie collective des Ménades, la démence d'Agavè, comment la voix peut-elle trouver les couleurs extrêmes pour exprimer cet état si particulier de foi et de délire. Ces questions sont au coeur de ce travail musical, qui tente aussi de reconstituer le souvenir sonore d'une représentation étrange et décalée.

Biographie
ALEXANDROS MARKEAS
Né en 1965 à Athènes, Alexandros Markeas étudie le piano et l’écriture musicale au Conservatoire National de Grèce. Il continue ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, et obtient les premiers prix de piano et de musique de chambre. Il donne de nombreux concerts en soliste et en formations de chambre. Parallèlement, il se consacre à la composition. Il suit les classes d’écriture, d’analyse et de composition du C.N.S.M.D.P. avec Guy Reibel, Michael Levinas, et Marc-André Dalbavie et obtient les premiers prix de contrepoint, fugue et composition, discipline dont il suit le cycle de perfectionnement. Il est aussi sélectionné pour suivre le cursus annuel de composition et d’informatique musicale de l’I.R.C.A.M ainsi que l’Académie de composition du festival d’Aix-en-Provence où il compose la musique d’un spectacle chorégraphique avec l’ensemble Court –Circuit et le ballet Preljocaj. Depuis 10 ans, ses oeuvres sont joués en France et à l’étranger par différentes formations comme l’Ensemble InterContemporain, Court-Circuit, l’Itinéraire, TM+, Ars Nova, les Jeunes Solistes, le quatuor Habanera, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, Alter ego, l’Ensemble Modern, le quatuor Arditti... Il reçoit des commandes d’État, de Radio France, de la Fondation Royaumont, du musée du Louvre, du festival Manca, du festival Couperin ainsi que des aides à la création pour ses projets multimédia (DRAC Ile-de-France, Mairie de Paris, festival Romaeuropa).
Il compose également beaucoup d’oeuvres pédagogiques, destinées aux enfants et aux formations d’amateurs. En 1999 Alexandros Markeas est nommé pensionnaire de l’Académie de France à Rome à la Villa Médicis et en 2001 il reçoit le prix Hervé Dugardin de la SACEM.
Depuis 2003 il enseigne l’improvisation au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

 

 

Informations
Concert en église
Choeur sur un rang
Eclairage plein feu et pupitres éclairés

Envoyer Imprimer