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Le choeur de chambre les éléments est accueilli en résidence depuis 2001 à Odyssud Blagnac (31) et depuis 2006 à l’Abbaye-école de Sorèze (81).

Odyssud-Blagnac (31)

Rares sont les ensembles vocaux qui peuvent se targuer d’un long et fructueux compagnonnage avec une salle de spectacles. C’est pourtant ce que vivent depuis plus de 15 ans les éléments et Odyssud à Blagnac. C’est ici, dans la ville de l’aéronautique, à quelques encablures de la ville rose, que Joël Suhubiette et son chœur ont trouvé un lieu de résidence et de diffusion fidèle.

Tout commence il y a presque 20 ans. Joël Suhubiette crée un ensemble vocal professionnel à Toulouse : les éléments. Immédiatement reconnu pour son exigence et ses qualités d’interprétation, le chœur est très vite invité par Thierry Carlier à se produire sur la scène d’Odyssud dont il est à l’époque le directeur. Nous sommes en 1999 et les Shakespeare Songs du jeune ensemble bouleversent le public blagnacais et marquent le début d’une aventure qui n’a eu de cesse depuis de se réinventer au fil des saisons. Emmanuel Gaillard, qui se voit confier la direction d’Odyssud en juin 2000, résume assez bien la relation qui le lie depuis aux éléments : « une joie sans cesse renouvelée ! ». L’arrivée à la tête de la salle de cet ancien de Science-Po Paris, passé par les ressources humaines avant de bifurquer vers la musique et la danse  - « un choix de passion » - n’est sans doute pas pour rien dans la réussite de ce compagnonnage. Car en matière de musique, le jeune directeur en connaît un rayon : grand mélomane, il a été administrateur de l'Ensemble Vocal Baroque et Renaissance A Sei Voci avant d'être Délégué Général de l'Orchestre de Chambre de Toulouse. Et si Odyssud revendique sa vocation pluridisciplinaire, Emmanuel Gaillard n’aura de cesse d’y affirmer la place des musiques anciennes et nouvelles et des ensembles musicaux.

 
  • Odyssud-Blagna
  • Les éléments à Odyssud-Blagnac
  • Odyssud-Blagnac © Laurent Pascal
  • Les éléments en répétition à Odyssud-Blagnac
 
  • Odyssud-Blagnac
  • Les éléments en répétition à Odyssud-Blagnac
  • Les éléments en répétition à Odyssud-Blagnac
  • Les éléments en répétition à Odyssud-Blagnac

Inventer un modèle spécifique 

A l’époque, éOle, collectif de musique contemporaine dirigé par les compositeurs Pierre Jodlowski et Bertrand Dubedout, est déjà en résidence. Emmanuel Gaillard pressent que la complémentarité avec les éléments serait susceptible de créer une dynamique artistique intéressante autour de la musique contemporaine. « Déjà à l’époque c’était un ensemble au niveau excellent mais ils avaient du mal à trouver des moyens pour se produire à Toulouse dans de bonnes conditions » précise le directeur d’Odyssud. Même son de cloche du côté de Joël Suhubiette : « bien sûr, j’avais déjà travaillé à Blagnac mais c’est avec l’arrivée d’Emmanuel Gaillard que les choses se sont structurées ». Et de poursuivre « La relation s’est construite dans la continuité et est devenue de plus en plus étroite. C’est un peu étrange mais cela s’est fait naturellement : la forme de la résidence s’est imposée sans que nous ayons éprouvé au départ la nécessité de la contractualiser ou de la faire entrer dans des cadres ». Résultat ? Une forme assez atypique de résidence, Odyssud ne disposant pas d’espaces de répétition ni de bureaux administratifs que pourrait occuper l’association et ses deux trois salles tournant à plein régime, il aura fallu inventer un modèle spécifique basé non pas sur une présence permanente sur place des éléments mais sur la coproduction et la programmation de la quasi totalité de ses créations.

Près de 40 programmes soutenus et accueillis en 15 ans

Pour Joël Suhubiette ce modèle s’articule à merveille avec l’autre résidence emblématique de son ensemble vocal : l’Abbaye-Ecole de Sorèze. « Avec Sorèze, notre ensemble dispose toute l’année d’un lieu de répétition de très grande qualité et du calme propice à la création ». L’Abbaye-école comme lieu idéal pour répéter et créer, Odyssud pour confronter deux à trois fois par an les créations au public, c’est un peu le schéma  qui s’est dessiné au fil des années. Les chiffres donnent le tournis : en 15 ans, près de 40 concerts des éléments ont été accueillis par la salle blagnacaise, a cappella, avec piano ou avec orchestre pour l’oratorio. L’ensemble a pu assurer 7 créations mondiales à Odyssud et y interpréter un grand nombre d’autres œuvres contemporaines. Emmanuel Gaillard a ainsi fait le pari d’accueillir la grande diversité du répertoire des éléments : oratorios, musique ancienne ou baroque, répertoire moderne ou contemporain. « Emmanuel ne m’a jamais rien imposé, il est à l’écoute. Sans cette résidence, nous n’aurions jamais pu donner dans la métropole toulousaine autant de pièces contemporaines ». En la matière, Joël Suhubiette aime se remémorer la rétrospective Moultaka en 2011 et parmi les autres programmes d’exception le concert d’anthologie de musique contemporaine italienne qu’a été celui donné avec les Percussions de Strasbourg en 2007. 

www.odyssud.com

 

ABBAYE-ÉCOLE DE SORÈZE (81)

« L’Abbaye-école de Sorèze, ce n’est pas seulement un bâtiment et une histoire, c’est aussi un état d’esprit que l’Histoire a forgé ».
Joël Suhubiette

 
  • Abbaye-école de Sorèze
  • Les éléments, Abbaye-école de Sorèze
  • Les éléments en répétition dans l'Abbatiale
  • Les éléments / Abbatiale de l'Abbaye-école de Sorèze

Le chœur de chambre les éléments est en résidence à l’Abbaye-école de Sorèze depuis 2006, un site exceptionnel aux portes de Toulouse, nourri par douze siècles de vie religieuse et éducative, un écrin idéal pour la musique et le chant où a lieu chaque année au mois de juillet le Festival Musiques des Lumières dont Joël Suhubiette est le directeur artistique.

Un festival d’été ouvert sur un large répertoire musical, exigeant et convivial, prend donc place tous les étés dans les différents espaces de l’Abbaye – la Cour des rouges, l’Abbatiale récemment rénovée, la Salle des illustres, la Chapelle, le Réfectoire où les voix du chœur de chambre les éléments résonnent tout naturellement aux côtés de nombreux autres ensembles vocaux et instrumentaux de renommée internationale tels que le Rias Kammerchor, The Sixteen, Chanticleer, Accentus, Café Zimmermann, le Poème Harmonique… Chaque édition du festival, une place privilégiée est faite à la musique symphonique avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et à l’opéra avec Opéra Eclaté. En outre, Joël Suhubiette y dirige une académie d’été avec Archipels, l’atelier vocal des éléments.

 

L’abbaye-école de Sorèze, c’est neuf siècles d’histoire religieuse, trois siècles d’enseignement… Fondée en 754 sous Pépin le Bref par les Bénédictins, détruite par les Normands, les Sarazins et pour finir par les Huguenots, l’abbaye est reconstruite en 1640. Les Mauristes y ouvrent alors un séminaire « pour gentilhomme sans fortune », qui un siècle plus tard, sous l’impulsion de Dom Victor Fougeras, prieur de la congrégation de Saint- Maur, propose un enseignement totalement novateur : l’étude du latin et du grec n’est plus obligatoire et des matières modernes, telles que la géographie, l’histoire, les mathématiques, les langues étrangères, le sport et la musique peuvent être choisies par les élèves en fonction de leurs centres d’intérêt. Une méthode « à la carte » qui finit par être remarquée au point qu’en 1776, Louis XVI décide de faire de Sorèze une des douze «École Royale Militaire du Royaume de France».

Dorénavant, 450 cadets du Roi y apprennent l’art de la guerre ; un enseignement qui débute très jeune (dès 5 à 6 ans) et est réservé aux enfants possédant quatre quartiers de noblesse. La révolution française met finalement un terme à la dimension militaire de Sorèze qui devient un site d’enseignement privé à la réputation bien établie. « C’était un lieu de discipline mais aussi de liberté. Il n’y avait pas de préjugés. On y apprenait la rectitude, la ponctualité, la politesse, le libre arbitre, tous les fondements d’une vie d’homme et de citoyen » s’enthousiasme Isabelle Arnaud-Dardy, adjointe du patrimoine.

Cette grande ouverture d’esprit inspirée par les Lumières et le « voltairisme » a ses détracteurs qui dénoncent « l’esprit de libéralisme et d’opposition » mais aussi ses défenseurs. Parmi eux, des centaines de familles qui à travers le monde choisissent d’envoyer leurs enfants se former dans ce petit coin de montagne noire. On peut d’ailleurs toujours faire le tour du globe en contemplant dans les vastes couloirs les noms des anciens élèves : Martinique, Guadeloupe, Chili, Russie, Colombie, Suède, Cuba, États-Unis… De prestigieuses personnalités venues du monde entier s’y sont formées : « le Canal de Suez, la plantation des pins dans les Landes… on les doit à des anciens de Sorèze » précise Isabelle Arnaud-Dardy avant d’enchaîner sur des noms plus contemporains : les chanteurs Claude Nougaro et Hugues Aufray, le jazzman Bruno Micheli, le présentateur Julien Lepers… Des noms prestigieux qui n’empêcheront pourtant pas l’école de fermer ses portes en 1991…
Le lieu n’est cependant pas abandonné. Il est restauré par le Syndicat Mixte, constitué par les propriétaires du lieu : la Région Midi-Pyrénées, le Conseil Général du Tarn et la Ville de Sorèze. L’activité économique, touristique et culturelle se développe : installation des laboratoires Pierre Fabre et de leur université, hôtel 2 et 3 étoiles en plein cœur du site, accueil de séminaires, festival Musiques des Lumières… En 2008 un parcours muséographique est ouvert : il permet de comprendre cette étourdissante histoire de France et des idées. Et l’aventure sorézienne ne s’arrête pas là avec l’ouverture en 2015 du Musée Dom Robert et de la tapisserie du XXème siècle. L’abbaye- école n’a décidément pas dit son dernier mot.

www.abbayeecoledesoreze.com / www.festivalmusiquesoreze.com

 
  • Les éléments / Abbatiale de l'Abbaye-école de Sorèze
  • Abbaye-école de Sorèze
  • Les éléments, 2014 / Abbaye-école de Sorèze
  • Les éléments, 2014 / Abbatiale